Nous faisons partie des entreprises dites stratégiques et vitales pour l’économie comme par ailleurs celle de l’agro-alimentaire et la santé.
Que penserions nous si nous ne trouvions personnes à l’hôpital pour nous prendre en charge ?
Les autres sites tel que Sisseln ou Grenzach sont toujours en pleine activité, avec certes des mesures contraignantes d'accès et de confinement, mais ils ne sont pas à l'arrêt.
Pendant ce temps, chez nous, dans certains secteurs, il y eut des mouvements non rationnels de panique ou un effet d'aubaine avec une désertification au niveau des postes entraînant un arrêt des ateliers et cela n'est pas acceptable.
Vous l'aurez compris, ce qui n'est pas acceptable, ce ne sont pas l’absence des malades évidemment, ou des personnes à risque avéré, mais plutôt le manque de volonté de trouver l’alternatif personnel pour atténuer les effets collectifs.
Dans un couple nous sommes en généralement deux, sauf conditions particulières (personnel soignant ou logistique…), il est important de faire porter la charge de l'effort consentie sur les deux têtes à tour de rôle.
Oui, il existe une disparité de traitement entre les métiers, télétravail pour les uns, congés forcés pour les autres, là aussi nous assumons cette situation.
C'est justement par le retrait forcé d'une partie de la population que nous pouvons assurer et appliquer la sécurité sanitaire.
Il est évident que l'intérêt de l'entreprise n'est pas de s'éteindre totalement, ce qui serait totalement dramatique.
Village-Neuf doit se relever de cette catastrophe sanitaire mondiale, nous y mettrons toute notre énergie, nous prendrons toutes nos responsabilités, et vous ?
Le chômage partiel est une solution de l'extrême, il est contraignant légalement avec un apurement préalable de vos différents compteurs ( RTT, congés , compteur Flex , jours d’ancienneté). De plus, il s'agit techniquement d'une suspension de votre contrat de travail qui n'est pas sans conséquence sur la rémunération.
Vous comprendrez que nous mesurons les conséquences globales, néanmoins nous continuons de revendiquer l'arrêt de l'ensemble des postes de travail qui mettent notre santé en danger, soit par l'impossibilité de maintenir une distance de sécurité entre nous, soit par le manque de sécurité sanitaire.
Si les conditions sécuritaires ci-dessus sont appliquées, il n'y a certainement pas plus de risques à venir au travail que de rester chez soi.
FO est bien conscient de la gravité de la situation économique et industrielle, car ce sont nos emplois qui pourraient être menacés ultérieurement.
Petit rappel qui me semble aussi nécessaire vis-à-vis des publications de la situation actuelle sur les réseaux sociaux : Les salariés sont tenus à la loyauté vis-à-vis de leurs employeurs ce qu’on pourrait considérer comme une obligation de réserve voir de modération, la Cour de cassation a pu juger en 2013 que leur liberté d’expression n’est pas sans limite. En effet, elle a pu considérer que des propos injurieux diffamatoire ou excessif ne pouvaient être justifiés par la liberté d’expression (Arrêt de la chambre sociale du 27 mars 2013).
La peur n'évite pas le danger, le courage non plus. Mais la peur rend faible, et le courage rend fort.
Misha Defonseca